L’Italie a récemment mis fin au principe du permis de conduire valable à vie pour les seniors, en instaurant des contrôles médicaux réguliers à partir d’un certain âge.
Cette évolution relance le débat en France : faut-il, à son tour, mieux encadrer la conduite des automobilistes âgés ?
Tour d’horizon des règles en vigueur en Europe.
Vers la fin du permis de conduire à vie en France ? La question revient régulièrement dans le débat public. En 2024, plus d’un quart des conducteurs tués sur les routes françaises avaient plus de 65 ans. Un chiffre qui s’explique en partie par le vieillissement de la population, mais qui met aussi en lumière les enjeux liés à l’aptitude à la conduite avec l’âge.
En France, le permis B reste aujourd’hui valable sans limite d’âge et sans obligation de contrôle médical pour les particuliers. Seuls les conducteurs professionnels (chauffeurs de bus, taxis, poids lourds) sont soumis à des visites régulières. Toutefois, plusieurs parlementaires souhaitent faire évoluer la loi. Une proposition évoque un premier examen médical dès 70 ans, puis un contrôle tous les cinq ans. Réalisé par un médecin agréé, cet examen permettrait d’évaluer la vision, les réflexes, mais aussi les capacités cognitives. En cas d’avis défavorable, le permis pourrait être suspendu, avec possibilité de recours devant une commission médicale.
Un débat entre sécurité et autonomie
La question est délicate. D’un côté, la sécurité routière constitue une priorité. De l’autre, la voiture reste pour de nombreux seniors un outil indispensable d’autonomie, notamment en zone rurale. Pour beaucoup, retirer le permis revient à restreindre fortement la liberté de déplacement et à accentuer l’isolement social.
Pourtant, l’idée d’un encadrement plus strict progresse dans l’opinion. Selon plusieurs sondages récents, une majorité de Français se disent favorables à l’instauration d’un contrôle médical régulier à partir d’un certain âge, estimant qu’il s’agit d’une mesure de prévention plus que de sanction.
L’Italie en exemple, l’Europe aux règles variées
L’Italie fait figure de modèle dans ce domaine. Une visite médicale y est obligatoire à 50 et 60 ans, puis tous les cinq ans à partir de 70 ans. Cette organisation vise à concilier sécurité et maintien de l’autonomie, en adaptant progressivement les contrôles à l’avancée en âge.
À l’échelle européenne, aucune harmonisation n’existe. Certains pays conservent un permis valable à vie sans contrôle spécifique, tandis que d’autres imposent des examens médicaux réguliers dès 65 ou 70 ans. Les différences sont parfois marquées.
Portugal
1/9

Au Portugal, un test d’aptitude est exigé tous les 10 ans entre 40 et 75 ans. Après 75 ans, un examen médical est imposé tous les deux ans afin de vérifier la capacité à conduire en toute sécurité.
Italie
2/9

En Italie, les contrôles médicaux sont progressifs : à 50 ans, à 60 ans, puis tous les cinq ans à partir de 70 ans. La fréquence peut encore augmenter après 80 ans.
Pays-Bas
3/9

Aux Pays-Bas, un examen médical est requis tous les cinq ans à partir de 75 ans, notamment pour évaluer la vue et les capacités physiques.
Danemark, Finlande et Irlande
4/9

Au Danemark, en Finlande et en Irlande, les conducteurs doivent passer un examen médical à partir de 70 ans afin de conserver leur permis.
Espagne, République tchèque et Grèce
5/9

Dans ces pays, un examen médical est obligatoire dès 65 ans, avec des contrôles réguliers pour valider le renouvellement du permis.
Vous avez aimé cet article ? Inscrivez-vous à nos Newsletters pour recevoir nos prochains dossiers.
Belgique, Hongrie, Lituanie et Lettonie
6/9

Dans ces États, un certificat médical délivré par un médecin est exigé à chaque renouvellement du permis, quel que soit l’âge du conducteur à partir d’un certain seuil.
Slovénie
7/9

En Slovénie, un examen médical devient obligatoire à partir de 80 ans afin de s’assurer du maintien des aptitudes nécessaires à la conduite.
Face à ces différentes approches, la France devra trancher entre maintien du permis à vie et mise en place de contrôles réguliers. L’enjeu est clair : préserver la sécurité routière sans stigmatiser les seniors, tout en garantissant leur mobilité le plus longtemps possible.