Quand on est en couple, il est normal de dormir ensemble. Il en va de même pour ceux qui laissent leur animal domestique partager leur lit.
Toutefois, partager sa literie influe grandement sur le sommeil.
Découvrez les résultats de l’étude menée par l’INSV sur la qualité du sommeil lorsque vous dormez avec une autre personne.
Une étude faite par l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance indique que dormir avec quelqu’un d’autre est mauvais pour le sommeil. Découvrez pourquoi.
Pour ceux qui sont en couple, envoyer son ou sa partenaire dormir sur le canapé est un signe certain de crise et peut sembler inconvenant. Cependant, dormir en solo peut s’avérer plus confortable que ce que l’on pense. C’est ce qu’a révélé l’INSV dans son étude intitulée « Dormir seul ou pas : quel impact sur le sommeil ? ». Cette dernière a été réalisée dans le cadre de la 17ème Journée du Sommeil qui s’est tenu le 17 mars dernier.
Près de 54% des Français dorment mal
En Europe, les personnes dorment en moyenne 7h07 par nuit durant la semaine. Pendant le week-end, ce chiffre atteint les 8h04. Ceux qui n’arrivent pas à dormir en semaine essaient de se rattraper au cours du week-end. De ce fait, une personne n’ayant dormi que 6 heures ou moins en semaine se rattrape en dormant pendant 1h30 de plus chaque nuit durant le week-end. Cela entraine donc une dette de sommeil permanente.
Bien que près de 54% des individus essaient de rattraper leur sommeil en retard, ils sentent tout de même qu’ils manquent de repos. De ce fait, un Français sur 3, soit 28%, souffre de somnolence diurne. Ce fait est un facteur accru des risques d’accidents de la route, du travail ou de soucis domestiques.
Le professeur Pierre Philip, responsable de la plateforme Neuro-Psycho-Pharmacologique du CHU de Bordeaux, indique que « la dette de sommeil » est préjudiciable à l’organisme. Cette dernière le fragilise et perturbe le métabolisme énergétique. Cela a pour effet d’augmenter les risques d’obésité et de diabète de type 2 en troublant l’insulino-résistance. « La dette de sommeil » peut aussi être à l’origine de problèmes d’hypertension artérielle, de maladies cardiaques et inflammatoires ou de troubles de l’humeur. Elle affaiblit également les défenses immunitaires, ce qui augmente les problèmes de santé liés aux maladies chroniques telles que les maladies respiratoires.
D’après certains auteurs, le co-sleeping serait une autre cause du manque de sommeil.
Dormir à deux, la fausse bonne idée
50% des personnes interrogées ont révélé dormir avec un autre adulte presque toutes les nuits. 77% de ces dernières le font par choix. Toutefois, 41% des interrogés dorment seuls pour plus de confort ou parce que leurs horaires et ceux de leurs conjoints sont incompatibles.
Si 49% des personnes dormant avec quelqu’un trouvent le fait rassurant, pour les spécialistes, il s’agit bien d’une des raisons des troubles du sommeil. Certains points perturbent le cycle de sommeil de l’un ou l’autre des dormeurs. Tout d’abord, une personne bouge au moins 60 fois par nuit, ce qui oblige le co-dormeur à se déplacer également, même si cela ne le gêne pas. Ensuite, les ronflements ou la respiration bruyante peuvent importuner. Sans compter que près du tiers des Français ronfle. Enfin, ajoutez à tout cela la température des corps, les déplacements nocturnes, les périodes de sommeil de l’autre, la taille du lit et bien d’autres facteurs.
Pour aider les co-dormeurs à rester en bonne santé, le Docteur Joëlle Adrien, directrice de la Recherche à l’Inserm, propose quelques solutions toutes simples. Ils peuvent choisir un lit de grande taille, voire des lits jumeaux. Utiliser deux couettes est également une bonne solution. Pour les cas les plus complexes comme les ronflements chroniques, la « thermo-incompatibilité » ou la « chrono-incompatibilité », mieux vaut faire chambre à part.
Et pour les enfants et les animaux ?
Pour de nombreuses raisons, les enfants partagent leur lit avec leur animal de compagnie ou une autre personne. Ce fait peut être dû à des traditions, des peurs nocturnes, des demandes de l’enfant face à l’absence d’un parent ou juste à cause d’un caprice. 25% des Français ayant un enfant dorment en a compagnie. Près de deux personnes sur trois déclarent dormir dans le même lit que leur petit. 17% de ceux qui ont été interrogés dorment chaque soir avec leur enfant, tandis que 68% ne le font qu’occasionnellement.
Dormir avec une autre personne perturbe également le sommeil des enfants. Ainsi, il ne faut pas s’étonner de leurs difficultés à trouver le sommeil ou de leurs réveils nocturnes. Les experts mettent en garde les parents contre cette pratique qui s’avère préjudiciable pour les petits, notamment pour les bébés. Les risques de mort subite par étouffement ou de mauvaise régulation de la température sont très présents.
Pour le bien-être du parent comme de l’enfant, ce dernier doit apprendre à dormir seul dès son plus jeune âge.
L’étude explique également que près d’un tiers des Français permet à un animal de compagnie de dormir avec eux toutes les nuits ou presque. 13% d’entre eux considèrent cette présence comme rassurante tandis que 26% des interrogés pensent qu’il s’agit d’une gêne. Cependant, pour 61% d’entre eux, la présence d’un animal de compagnie dans leur lit n’affecte pas du tout leur sommeil.