En mars, les premiers rayons de soleil réveillent souvent l’envie de transformer le jardin.
Les jardineries se remplissent, les graines attirent l’œil et l’idée de lancer le potager paraît irrésistible.
Pourtant, selon le célèbre jardinier britannique Monty Don, cette période demande surtout de la prudence.
Derrière l’enthousiasme du printemps naissant, un détail essentiel peut compromettre toutes les plantations : l’état réel du sol.
Car même si les journées deviennent plus lumineuses, la terre peut encore rester froide, lourde ou saturée d’eau après l’hiver. Dans ces conditions, les graines peinent à germer et les racines ont du mal à s’installer correctement. Avant de planter quoi que ce soit, Monty Don conseille donc de prendre un moment pour observer la terre et vérifier si elle est réellement prête à accueillir de nouvelles cultures.
En mars, le conseil essentiel de Monty Don avant de planter
Figure emblématique du jardinage au Royaume-Uni et animateur de l’émission Gardeners’ World sur la BBC, Monty Don rappelle régulièrement qu’il ne faut pas se fier uniquement au calendrier. Dans le magazine associé à l’émission, il explique que le mois de mars peut effectivement être une bonne période pour planter ou déplacer certaines plantes… mais seulement si le sol est dans de bonnes conditions.
Selon lui, le critère déterminant n’est pas la date, mais la température et la texture de la terre. « Si votre sol est prêt, alors mars est un bon moment pour planter et déplacer les choses », explique-t-il. Mais ce mot “prêt” est essentiel : il signifie avant tout que la terre doit être suffisamment réchauffée et drainée pour permettre aux plantes de se développer.
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Le jardinier rappelle également que le début du printemps reste une période instable. Sur son site, il décrit un mois de mars capable de passer en quelques heures de la pluie au soleil, puis au gel ou même à la neige. C’est pourquoi il recommande de ne pas se précipiter, surtout après un hiver particulièrement doux. Un retour brutal du froid pourrait brûler les jeunes pousses ou endommager les nouvelles plantations.
Le test très simple de la poignée de terre
Pour savoir si le moment est venu de planter, Monty Don ne se fie ni à la météo du jour ni à un thermomètre. Il propose un test extrêmement simple que n’importe quel jardinier peut réaliser : celui de la poignée de terre.

La méthode consiste simplement à prendre une poignée de terre dans le jardin et à observer sa texture. Si la terre paraît froide au toucher et reste collante lorsqu’on la serre dans la main, cela signifie qu’elle est encore trop humide et trop froide pour accueillir des semis. Dans ces conditions, les graines risquent de pourrir ou de ne pas germer correctement, et les racines auront du mal à se développer.
En revanche, si la terre semble légèrement tiède, qu’elle forme une boule lorsqu’on la presse puis se désagrège facilement entre les doigts, elle est considérée comme idéale pour commencer les plantations en pleine terre.
Lorsque ces conditions sont réunies, plusieurs légumes peuvent être semés directement au jardin. Parmi eux : les fèves, les betteraves, la roquette, les épinards, la mizuna, les panais, les radis ou encore certaines laitues d’hiver.
Du côté des fleurs, la paysagiste Pollyanna Wilkinson rappelle également que tout n’est pas perdu si certains bulbes n’ont pas été plantés plus tôt. Dans The Times, elle explique qu’il reste possible de planter certains bulbes de printemps en mars, à condition que la terre ne soit ni gelée ni détrempée.
Que faire si la terre est encore trop froide ?
Si le test de la poignée de terre montre que le sol reste glacé ou très humide, Monty Don conseille simplement d’attendre. Forcer les plantations à ce moment-là serait souvent une perte de temps et d’énergie.
Mais cela ne signifie pas que le jardinier doit rester inactif. Le mois de mars offre au contraire de nombreuses autres tâches utiles pour préparer la saison.
Monty Don recommande notamment de profiter de cette période pour diviser les vivaces herbacées. L’opération consiste à déterrer la plante entière, retirer la partie centrale la plus âgée – qui peut être envoyée au compost – puis replanter les portions extérieures les plus vigoureuses. Cette technique permet de rajeunir les plantes et de multiplier les touffes tous les trois à cinq ans.
Le jardinier suggère également de réaliser la taille de fin d’hiver sur certains arbustes qui fleurissent sur le bois de l’année, comme les clématites à floraison tardive ou les rosiers d’été.
Sa règle reste simple : toujours couper en revenant à un bourgeon ou à une ramification solide. Il insiste aussi sur l’importance d’utiliser des sécateurs parfaitement affûtés et stérilisés afin d’éviter l’introduction de maladies qui pourraient affaiblir ou tuer la plante.
Enfin, fidèle à son principe du « bon végétal au bon endroit », Monty Don préfère parfois cultiver certaines plantes en pot plutôt que de lutter contre la nature du sol. Dans son propre jardin argileux, il choisit par exemple de planter les camélias, rhododendrons ou pieris dans des contenants adaptés, plutôt que directement en pleine terre.
Une approche simple mais efficace qui rappelle qu’en jardinage, la patience et l’observation restent souvent les meilleures alliées pour réussir ses plantations.